Et si l’on parlait de la CAVEC ? | CJEC

Et si l’on parlait de la CAVEC ?

La CAVEC fait partie des obligations de l’inscription à l’Ordre. Pour en savoir plus et éclairer factuellement quelques idées reçues, Données Partagées a rencontré Jean-Claude Spitz, président de la CAVEC.

 

Données Partagées : Parlez-nous de la caisse, qui la dirige, comment fonctionne-t-elle, quelle est sa gouvernance, ses effectifs, son organisation ?

La Cavec est la caisse de retraite et de prévoyance obligatoire des experts-comptables, inscrits à l’Ordre et/ou des commissaires aux comptes inscrits à la Compagnie. La Cavec est un organisme privé à prérogative d’Etat dont le fonctionnement est réglementé par le code de la Sécurité sociale. Elle est placée sous la double autorité du ministère du Budget et du ministère en charge de la Sécurité sociale. Son activité est donc régulièrement contrôlée par la Cour des Comptes, la Mission Nationale de Contrôle (MNC) de la Direction de la Sécurité sociale et par l’IGAS. Elle jouit cependant d’une large autonomie de gestion pour les régimes de retraite complémentaire et de prévoyance. Elle est ainsi pilotée par un bureau et un conseil d’administration composé d’experts-comptables et de commissaires aux comptes en activité et retraités. Cependant toutes les décisions du Conseil d’administration doivent faire l’objet d’une validation par la Direction de la Sécurité sociale. La Cavec est dotée d’une direction et de 40 permanents, dont 29 travaillent pour le département relations adhérents. La caisse gère aujourd’hui les dossiers et la carrière de 20 200 cotisants et verse des pensions à 9 500 retraités et à 2 500 bénéficiaires d’une pension de réversion. Chaque année, ce sont plus de 800 nouveaux affiliés qui adhèrent à la Cavec.

 

La cotisation des inscrits salariés est souvent inconnue, incomprise ou vécue comme un frein à l’inscription au tableau par les jeunes confrères et les cabinets : pouvez-vous nous préciser le coût que représente cette cotisation pour le cabinet et le confrère ainsi que l’intérêt de cette cotisation ?

Tous les experts-comptables inscrits à l’Ordre doivent en effet cotiser à la Cavec, qu’ils soient salariés ou indépendants.

Cependant, les experts-comptables salariés ne cotisent qu’au régime de retraite complémentaire de la Cavec (les indépendants cotisent quant à eux à deux régimes de retraite - base et complémentaire - et au régime de prévoyance Cavec). Cotiser à la Cavec permet d’acquérir des points, qui serviront à calculer le montant de la retraite complémentaire. Avec un taux de rendement actuel de 8,76 %, le cotisant récupère l’intégralité des cotisations versées durant sa carrière, en 11 ans de retraite. C’est un très bon placement !

L’expert-comptable salarié peut cotiser, au choix, en classes C (3 655 € en 2017) ou D (5 714 € en 2017) au régime complémentaire. L’employeur prend à sa charge 60 % des cotisations et précompte sur le bulletin de paie de son salarié les 40 % restants, à l’instar des cotisations AGIRC ARRCO.

 

En première et deuxième année, combien coûte la cotisation d’un expert-comptable indépendant, par rapport à un salarié ?

Selon le barème 2017, en première année, l’expert-comptable TNS cotise pour 1 659 € à la Cavec pour le régime de base, le régime complémentaire et le régime prévoyance car il cotise au minimum tandis que l’expert-comptable salarié cotise directement en classe C, pour un montant de 3 655 €.

En deuxième année, il en va de même car les cotisations annuelles d’un indépendant sont de 1 976 € pour les trois régimes, contre 3 655 € pour un salarié pour le seul régime complémentaire.

 

On nous conseille souvent d’opter pour une classe de retraite complémentaire supérieure, quels sont vos arguments en ce sens ?

Comme nous venons de le voir, cotiser à la Cavec est un très bon placement. Plus vous cotisez, plus vous augmentez le montant de votre future retraite. Sans oublier que vos cotisations sont déductibles socialement et fiscalement !

Pour parler concrètement je vais vous donner un exemple, pour un expert-comptable salarié.

Un expert-comptable qui cotise en classe C pendant 35 ans, obtient 284 points par an, soit 9 940 points au total. En 2017, la valeur du point est de 1,126 €. Sa retraite Cavec serait donc de 11 192 € /an.

Un expert-comptable qui cotise en classe D pendant 35 ans, obtient 444 points par an, soit 15 540 points au total. En 2017, la valeur du point est de 1,126€. Sa retraite Cavec serait donc de 17 498 € /an. A la retraite Cavec s’ajoutent les retraites de base (CNAV) et complémentaire AGIRC ARRCO.

 

La Cavec est une caisse très bien gérée, qui dispose d’importantes réserves, malheureusement, d’autres caisses professionnelles n’ont pas été gérées avec la même prudence. Quelles garanties avons-nous que demain notre caisse ne soit pas fusionnée avec d’autres caisses professionnelles moins vertueuses et que nos réserves ne servent à apurer le passif de caisses en déséquilibre ?

Grâce à une gestion responsable de nos réserves, la Cavec est effectivement dans une situation financière très saine, avec des réserves qui dépassent 1,5 milliard et sont investies, dans le cadre strict de la législation, en placements mobiliers et immobiliers. Nous sommes aujourd’hui confiants pour l’avenir mais restons en alerte, afin de préserver notre autonomie et notre indépendance financière. Pour conserver cette situation, nous devons avant tout faire valoir notre bonne gestion financière et administrative et devenir une caisse d’excellence.

 

La concentration en cours des acteurs du marché de l’expertise comptable et du commissariat aux comptes est-elle une menace pour les ressources de la Cavec et les futurs droits de nos jeunes confrères ?

Actuellement, le nombre de nouveaux cotisants est supérieur à celui des nouveaux retraités. L’évolution du nombre de cabinets, et donc du nombre de cotisants, est prise en compte dans nos calculs actuariels sur des durées longues, à partir d’une cartographie des risques. A ce jour, les réserves de la Cavec représentent 20 à 25 ans de pensions de retraite. On ne peut donc pas considérer qu’il y ait des menaces perceptibles. Je pense que, s’il y a des évolutions des régimes de retraite complémentaire, ce qui n’est pas à l’ordre du jour, les futurs droits de ceux qui auront cotisé seront préservés.

 

Nous avons eu écho de problèmes informatiques au sein de la caisse. Risque-t-on des problèmes vécus par le RSI par exemple ?

Comme vous le savez peut-être, la Cavec vient de vivre une période de transformation, en devenant autonome. Depuis sa création, elle partageait ses moyens de gestion, ses salariés et son système informatique, avec trois autres caisses au sein de l’Association Groupe Berri. En juillet 2015, la Cavec s’est installée dans ses propres bureaux et s’est dotée d’une direction et de personnels en propre. Elle est maintenant fonctionnellement autonome. Cette autonomie nous permet de prendre des décisions de manière plus directe et plus rapide. Nous n’avons plus besoin de l’assentiment d’autres caisses pour mener à bien nos projets et les élus sont en contact direct avec le directeur et les services. Après 18 mois d’études et de travaux, nous nous sommes dotés d’un système d’informations performant qui nous permet, d’une part, d’offrir un service plus personnalisé à nos adhérents et, d’autre part, de bénéficier d’un outil de pilotage précis et permanent. Pour répondre à votre question, nous avons tout mis en oeuvre, en 2015, pour éviter les problèmes vécus par le RSI. Le “chantier” informatique était très important mais c’est la base de l’amélioration et de la fiabilisation de notre organisation.

 

Nombre d’entre nous ont reçu un appel pour une enquête sur la santé des experts-comptables, quels sont les principaux enseignements de cette enquête ? Que comptez-vous mettre en place à la suite de cette dernière ?

Nous allons bientôt communiquer sur les résultats de cette enquête très intéressante qui a été menée sur les besoins en termes de prévention santé pour les experts-comptables. Toutefois, l’enquête révèle que les experts-comptables sont préoccupés par leur santé mais qu’ils n’ont pas toujours le temps de s’en occuper. Nous avons signé une convention de partenariat avec la caisse RSI-PL, la branche santé des professions libérales, afin de développer une offre de prévention santé sur mesure pour les experts-comptables et les commissaires aux comptes avec, notamment, la possibilité d’offrir des bilans de prévention, d’aider au sevrage tabagique, de prévenir contre le diabète…

Notre mission est de garantir l’avenir des experts-comptables et des commissaires aux comptes et notre souhait est de développer de nouvelles offres afin de servir au mieux nos assurés.

 

Si vous souhaitez plus d’infos sur la Cavec, suivez-nous sur www.Cavec.fr, sur Twitter @LACavec, sur Facebook et sur notre chaîne YouTube !