Steuerberater et Wirtschaftsprüfer, petit aperçu de la profession comptable outre-Rhin | CJEC

Steuerberater et Wirtschaftsprüfer, petit aperçu de la profession comptable outre-Rhin

A quoi ressemble la profession en Allemagne ? Comment y accède-t-on ? Quelles sont les missions qu’elle propose aux clients ? Et quelles passerelles entre la France et l’Allemagne avant et après le diplôme ? Autant de questions auxquelles répondent pour nous Norbert, Julia et Stefanie, trois professionnels d’un cabinet indépendant ayant un pied dans chacun des deux pays.

Comment accéder à la profession en Allemagne ?

Plusieurs possibilités s’offrent à un jeune qui envisage d’exercer la profession d’expert-comptable en Allemagne. Il faut tout d´abord préciser que, comme en  France, la profession est séparée en deux branches :

» Les experts-comptables (“Steuerberater") avec une formation focalisée sur la fiscalité

» Les commissaires aux comptes (“Wirtschaftsprüfer") qui ont une formation plus complète notamment en matière économique Les deux professions permettent d’exercer en Allemagne la profession d’expert-comptable au sens français. Pour être exhaustif, il faut ajouter que, sous certaines conditions, les avocats (même ressortissants d’un autre état de l’Union européenne) peuvent également à titre habituel fournir des conseils fiscaux et y compris établir des comptes annuels.

Pour être admis au concours d´expert-comptable allemand  (“Steuerberaterexamen"), il y a essentiellement 3 possibilités :

» Par le cursus des études supérieures en économie, en droit ou des études avec une spécialisation en économie, il existe deux possibilités pour être admis à l'examen :

• Avec des études d´une durée d´au moins 4 ans (en général un master ou un diplôme d'État en droit (“Staatsexamen") suivies d´une expérience pratique de 2 ans.

• Avec des études d’une durée inférieure à 4 ans (en général un bachelor), suivies d´une expérience pratique de 3 ans

» Sans études, mais après une formation d'employé fiscal (“Ausbildung zum Steuerfachangestellten") ou une autre formation économique suivie d'une période de pratique de 8 ans dans le conseil fiscal.

» Sans études, mais avec un examen d'assistant fiscal (“Prüfung zum Steuerfachwirt") ou de comptable (“Bilanzbuchalter"). Dans ce cas, la période de pratique se réduit à 6 ans.

A titre d’information : la période pratique peut être validée avec un contrat à temps partiel à condition de travailler au minimum 16 heures par semaine. Ce cursus pratique allemand est néanmoins très différent du système français de validation des acquis de l’expérience (VAE).

Il est possible également de se présenter à l’examen pour le “Steuerberater" en obtenant des équivalences partielles avec un diplôme professionnel étranger comme celui d’expert-comptable en France.

Pour les modalités voir par exemple le site de l´ordre des experts-comptables bavarois : 

La profession en quelques chiffres outre-Rhin : En 2020, elle comptait 89 000 Steuerberater (21 000 en France),   450 000 collaborateurs (130 000 en France) et 53 000 cabinets d’expertise comptable (22 000 en France).

Quelles sont les activités des professionnels en Allemagne ?

Le “Steuerberater" est le conseil privilégié des TPE PME, comparable au rôle de l´expert-comptable en France. Il est également, et très souvent, le conseil des particuliers pour les déclarations d’impôts sur le revenu. Une grande différence est certainement à observer dans le domaine des successions, où le Steuerberater est presque toujours impliqué fiscalement.

Selon le site officiel de l´ordre des experts-comptables du Land de la Rhénanie-Palatinat (“Steuerberaterkammer des Landes Rheinland-Pfalz") l'éventail des activités exercées par les experts-comptables est large. La demande de services de conseil ne cesse d'augmenter, notamment en raison d'un droit fiscal de plus en plus complexe. Dans le domaine fiscal, elle s'oriente essentiellement vers :

» Le conseil déclaratif, qui comprend surtout l'aide à l'établissement des déclarations fiscales et le contrôle des avis d'imposition,                                                                                                                                                                       

» Le conseil en matière d'organisation, c'est-à-dire le conseil prévoyant pour une organisation fiscale optimale, et                                                                                                                                                                                           

» Le conseil en matière d'application, c'est-à-dire la représentation des contribuables face à l'administration fiscale, y compris devant les tribunaux administratifs et la Cour fédérale des finances.

Dans ces trois domaines de conseil, des prestations fiscales sont fournies. Il s'agit notamment des services liés à l'accomplissement des obligations comptables selon les directives nationales et internationales, de l'établissement de toutes les déclarations fiscales et des déclarations d'impôts, de la représentation vis-à-vis de l'administration fiscale, de la participation à des contrôles externes en matière de droit fiscal et de droit des assurances sociales, de l'assistance dans le cadre de procédures pénales fiscales et d'amendes ainsi que du conseil et de la représentation en matière fiscale.                                                                                                                                                                 

Par ailleurs, les activités compatibles avec la profession prennent de plus en plus d'importance. Il s'agit par exemple du conseil en gestion d'entreprise. Les conseillers fiscaux connaissent parfaitement les entreprises de leurs clients et donnent donc des conseils avisés dans les domaines de la comptabilité et du contrôle de gestion, de l'analyse des coûts, de la rentabilité et des liquidités ainsi que des décisions d'investissement et de financement. Leur savoir est également sollicité lors de la création d'entreprises, de restructurations, d'assainissements et de la planification de la succession d'entreprise.

Source : https://www.sbk-rlp.de/steuerberater-2/

Est-il possible de faire son stage DEC en Allemagne ?

Ceci est possible pour tout ou partie des 3 années du stage. La formation et les obligations de stage sont, elles, à remplir auprès d’un conseil de l’Ordre régional français. En Allemagne, le stagiaire serait embauché comme un salarié avec éventuellement quelques clauses particulières liées au statut de stagiaire français.

Quel est l’intérêt de travailler avec un cabinet frontalier ? Quelles sont les types de missions possibles ?

ll existe entre la France et l'Allemagne une étroite coopération économique due au commerce, aux investissements et à la forte présence d'entreprises de chaque pays voisin. En outre, les entreprises et cabinets allemands recherchent énormément de personnel qualifié. Ceci est d'autant plus vrai pour les professionnels bilingues ou trilingues.                                                                                                                                                                               

Travailler dans le franco-allemand présente également de bonnes perspectives à moyen et long terme de rémunération. Sans oublier qu'une formation franco-allemande peut constituer plus tard un atout unique avec la possibilité d'avoir une position exceptionnelle sur le marché. Enfin, travailler dans un autre pays est certainement un enrichissement culturel.

Comment développer ses relations entre professionnels européens ?

Dans ce contexte, un networking actif est certainement un instrument important. Il existe de nombreuses associations de professionnels européens, comme Albo Euroconsult Association (https://www.albo-association.eu/) ou le club franco-allemand des experts-comptables qui regroupe l’Ordre des experts-comptables région Grand Est et les différents ordres régionaux limitrophes en Allemagne. 

Est-ce qu’un titulaire du DEC peut exercer en Allemagne ?

A titre permanent, ceci est possible dans la limite où il conseille dans le domaine du droit français. A titre temporaire et occasionnel, un professionnel d’une qualification équivalente établi dans un état de l’UE, de l’EEE ou de la Suisse est autorisé à fournir une assistance professionnelle en matière fiscale selon le droit allemand à condition de se déclarer préalablement à son intervention.

En tant que ressortissants d'un État membre de l'Union européenne (UE), les titulaires du DEC français ont la possibilité d´aller plus loin et de se faire nommer Steuerberater en Allemagne. Pour cela, ils doivent avoir réussi un examen d'aptitude (“Eignungsprüfung"). Une bonne maîtrise de la langue allemande est un préalable.

Avez-vous une recommandation d’un organisme qui peut aider les professionnels souhaitant faire cette démarche ?

Au niveau des Länder, les ordres régionaux respectifs peuvent conseiller. Au niveau fédéral, il y a la possibilité de s'adresser à l´ordre fédéral des experts-comptables à Berlin (“Bundessteuerberaterkammer") sur https://www.bstbk.de/de/.

Il y aussi l´Ambassade de France et les différents consulats français en Allemagne qui peuvent donner des conseils.