Réflexions sur les bonnes pratiques du jeune expert-comptable avec François MÉRO, Directeur des marchés experts-comptables & TPE Cegid | CJEC

Réflexions sur les bonnes pratiques du jeune expert-comptable avec François MÉRO, Directeur des marchés experts-comptables & TPE Cegid

La « révolution numérique » dont on nous parle quotidiennement est aujourd’hui un fait qui ne peut plus être contesté. L’étape suivante pour tous les experts-comptables, jeunes et moins jeunes, est d’identifier les bonnes pratiques à mettre en place afin d’aborder sereinement cette transformation. Données Partagées est allé à la rencontre d’hommes et de femmes qui connaissent bien notre profession, qui portent un regard pertinent sur celle-ci et dont la libre parole apporte un éclairage un peu différent du discours ambiant.

Bonne pratique N°1 : Le jeune expert-comptable anticipe les évolutions règlementaires grâce à des partenaires influents

François MÉRO, pourquoi vouloir aborder ce sujet de bonnes pratiques du jeune expert-comptable ?
Comme vous le savez, Cegid occupe une place très particulière sur le marché de l’expertise comptable. Nous entretenons une
relation de partenariat depuis plus de 30 ans avec votre profession, le nombre de nos clients et notre proximité avec
eux, nous placent dans une position unique d’observateur des changements et évolutions de la profession. Je vous propose de
vous faire part de notre analyse de ces changements profonds et des conséquences qu’ils impliquent pour vous, jeunes
créateurs de cabinets d’expertise comptable.

Quelle est justement votre analyse du cadre réglementaire qui entoure la profession comptable ?
L’environnement règlementaire qui touche au secteur de l’expertise comptable s’accélère constamment avec des modifications qui l’impactent de plus en plus fortement et fréquemment :
»» La volonté de dérèglementation du législateur est de plus en plus manifeste (Loi Macron , Loi Pacte ). Le périmètre des missions sur lesquelles les experts-comptables peuvent exercer leur activité évolue et l’on pourrait voir le relèvement des seuils applicables aux commissaires aux comptes par exemple comme le signe avant-coureur de remises en question comparables à venir dans la profession d’expertise comptable.
»» Nous observons la mise en place progressive d’un environnement de contrôle permanent et automatisé de la gestion des
entreprises. (Loi antifraude TVA, FEC).
»» L’enchevêtrement des textes règlementaires et leurs changements constants complexifient le domaine d’intervention pour  les cabinets d’expertise comptable.

La dérèglementation que vous évoquez a aussi amené de nouvelles formes de concurrence sur le marché de l’expertise comptable ?
Absolument ! De nouveaux acteurs et de nouvelles pratiques apparaissent qui offrent des alternatives aux clients et modifient
l’environnement concurrentiel du cabinet d’expertise comptable

»» On voit apparaitre des offres d’expert-comptable en ligne (ECL Direct, Ça Compte Pour Moi, …). Ces offres séduisent la catégorie des jeunes entrepreneurs et attirent par leur promesse d’un service simplifié et à bas prix.
»» Des acteurs “100 % digitaux” apparaissent également et jouent la carte de l’innovation technologique pour fournir un service alternatif à l’EC. Ils prétendent que leur service élimine le besoin de faire appel à un expert-comptable (Payfit, Georges le robot) ou proposent de mettre en relation entrepreneurs et expert-comptable (Fred de la compta, Legal Start). Tous en fait, amenuisent la valeur de l’expert-comptable en banalisant son rôle.
»» Enfin, nous observons un phénomène de polarisation du marché des experts-comptables. Les gros cabinets sont de plus
en plus gros et ont accès à des moyens sans égal pour les cabinets traditionnels. Les petits cabinets doivent se réinventer
en devenant plus efficaces, plus spécialisés.

C’est une vision qui est peu rassurante pour un jeune expert-comptable qui s’installe, vous ne trouvez pas ?
Pas vraiment. De notre point de vue chez Cegid, l’expert-comptable est certes, face à un dilemme car il doit faire preuve
d’une rigueur accrue dans un environnement de plus en plus contraignant tout en étant agile pour tirer profit des changements
sans les subir et préserver son indépendance.
Mais ce dilemme ne doit pas être envisagé comme une contrainte, mais plutôt comme une nouvelle opportunité de croissance :
»» Les évolutions du cadre réglementaire contribuent à renforcer la légitimité de l’expert-comptable vis-à-vis de ses clients. Il est l’expert et aide l’entrepreneur à y voir clair. Il apporte de la valeur plutôt que d’être un point de passage obligé.
»» En ce qui concerne les modifications du cadre d’intervention, elles représentent également l’opportunité d’élargir le
champ des missions, d’aborder ses clients avec une nouvelle approche. L’expert-comptable peut proposer de nouvelles
missions utiles à ses clients existants et signer de nouveaux contrats.
Exemples : Recherche de financement, Recouvrement de créances, Service bureau et administratif, gestion des règlements
fournisseurs, étude de viabilité d’un investissement…

Comment cela se traduit dans la stratégie de Cegid sur le marché de l’expertise comptable ?
Nos équipes comprennent et anticipent la complexité du réglementaire et fournir des solutions simples face à cette complexité fait partie de notre expertise depuis 30 ans. Cela nous permet de revendiquer la couverture fonctionnelle la plus large du marché. Nous assurons une présence active auprès des administrations et sommes régulièrement consultés à propos des projets d’évolutions règlementaires avec comme priorité la défense des intérêts de nos clients.

Merci François MÉRO pour cette première réflexion sur les bonnes pratiques du jeune expert-comptable. Sur quoi portera
la prochaine bonne pratique à retrouver dans Données Partagées ?
La prochaine réflexion se concentrera sur la confiance dans le cloud et pourquoi le jeune créateur de cabinet d’expertise
comptable doit s’appuyer sur une infrastructure cloud industrielle.