L’expert-comptable de demain devra-t-il être un spécialiste de la donnée ? | CJEC

L’expert-comptable de demain devra-t-il être un spécialiste de la donnée ?

 

 Entretien avec Sylvère DUQUENNE, Head of campaigns Cegid.

 

Pour cette nouvelle chronique Cegid à destination des jeunes experts-comptables, vous avez décidé d’approfondir le sujet de la donnée ; pour quelle raison ?

 

C’est aujourd’hui une évidence pour tous que maîtriser la donnée est un avantage stratégique majeur pour les professionnels du chiffre.

Dans un monde où les licornes mangeraient de l’herbe aromatisée à la barbe à papa, chaque cabinet d’expertise comptable compterait dans ses collaborateurs un ou plusieurs spécialistes de la data, leur permettant ainsi d’exploiter tout le potentiel lié à cet or digital.

Le fait est que, malheureusement, les licornes se cantonnent aux contes de fées et que ces profils techniques sont convoités par tous les secteurs d’activité, à tel point que la demande a dépassé l’offre, créant par la même occasion une flambée des salaires.

Un dilemme se pose alors : comment ne pas louper le train de l’économie de la data sans avoir à manger des pâtes à la fin de chaque mois (et encore plus dans le contexte d’un jeune cabinet qui aura besoin de maîtriser ses coûts dans ses premières années d’activité) ?

 

L’expert-comptable doit-il se transformer en expert de la donnée ?

Une des pistes pouvant facilement s’imposer serait de décider de se former à ces nouveaux métiers. La légitimité digitale des experts-comptables est indéniable et impose aux cabinets d’aujourd’hui et demain de s’acculturer avec la science de la donnée.

Faut-il pour autant se perdre corps et âme dans cette voie ?

Pas nécessairement : plutôt qu’une démarche radicale de spécialisation et d’expertise autour de la donnée, les experts-comptables d’aujourd’hui peuvent trouver un compromis par une curiosité récurrente et approfondie. L’enjeu s’appuie donc sur deux piliers : une veille active sur les nouvelles technologies (data comprise) et la capacité à s’entourer d’experts dans ces différents domaines.

En ce sens, des initiatives se sont mises en place ces derniers mois au sein de la profession comptable. La première d’entre elles est venue en fin d’année dernière du Conseil régional de l’ordre des experts-comptables de PACA avec l’école de formation Le Wagon :

“Avec l’essor du machine learning et de l’intelligence artificielle, l’expert-comptable doit s’approprier l’usage de la data pour conserver son rôle de conseil privilégié du chef d’entreprise. Et c’est en développant les compétences et les modes de réflexion liés au champ de la data que la profession peut réussir sa mutation”.

Avec cette école de formation dans le domaine du développement web et de la data science, le CROEC a souhaité “mettre la data au service de l’expertise comptable” via des conférences thématiques et des formations en analyse de données et en data science.

Une initiative étendue depuis juin 2021 à toute la France par le Conseil supérieur de l’ordre, avec l’ambition de mettre la data science au service de tous les experts-comptables.

“En 5 jours de formation, les participants pourront s’acculturer aux enjeux de la data, imaginer des cas d’usage concrets et approfondir les enjeux en pratiquant”, annonce le CSOEC.

 

C’est plutôt clair sur la partie formation ; qu’en est-il de la capacité à s’entourer d’experts comme évoqué précédemment ?

Qu’on parle d’analyse prédictive de la donnée, de visualisation de la donnée, d’outils de relation client (CRM) s’appuyant sur une logique de “data driven”, du machine learning ou encore des chatbots (qui prennent une place de plus en plus importante dans* notre quotidien personnel comme professionnel), on peut facilement en conclure que, plus que jamais, l’expert-comptable se place au centre de ses données et donc au centre de la stratégie de ses clients TPE/PME.

C’est pourquoi, à défaut de pouvoir recruter les moutons à cinq pattes (et en or massif) évoqués plus haut, l’appel à des sociétés tierces (sociétés de conseils, éditeurs de logiciel, etc.) devient une option judicieuse : outre la simplicité et la souplesse liées à l’externalisation, cette démarche garantie également l’emploi de ressources toujours formées aux dernières technologies et innovations

du marché.

Votre avenir et celui de votre profession sont entre vos mains, donc à vous de jouer !